Personne n’aurait parié sur la résurgence de la vigne à Marseille. Pourtant, la cité phocéenne voit fleurir de nouveaux élans viticoles, et pas n’importe lesquels. Le Merlan, vin de noix bio, s’impose désormais comme l’un de ces symboles vivants, porté par l’énergie et la ténacité de Bernard Largillier. Derrière cette bouteille se cache une histoire de transmission familiale : une recette héritée de ses sœurs, affinée au fil des années, jusqu’à devenir une référence locale.
Un chai urbain, du vrai
Bernard Largillier ne s’en cache pas : obtenir l’agrément pour produire ce vin bio n’a rien eu d’un long fleuve tranquille. Les démarches sont complexes, les exigences peu flexibles. Chaque ingrédient, noix, alcool, sucre, coche la case bio, un gage de rigueur que le vigneron revendique. Si les noix ne poussent pas en plein centre-ville, il tient à ce que le caractère marseillais de sa recette reste intact, même quand l’origine précise des noix se perd. Ce qui compte, c’est cette chaleur unique, cette pointe d’audace typique de Marseille qui s’invite dans chaque bouteille.
Fabriquer un vin de noix bio, ce n’est pas une affaire de quelques semaines. Il faut du temps, beaucoup de patience, et surtout de la place. La cave familiale commence à étouffer sous les tonneaux : il faut s’étendre, déménager, mais sans quitter Marseille. L’agrandissement s’impose, inévitable, pour poursuivre la vinification. Les cuves en inox s’apprêtent à prendre de l’ampleur. Le responsable de la cave à vin à Marseille le confirme : l’activité prend de l’ampleur. Un recrutement est même dans les tuyaux. Le vin de noix, longtemps cantonné aux placards comme remède de grand-mère, s’offre aujourd’hui une nouvelle jeunesse à l’apéritif, sous le soleil marseillais.
Le Merlan s’impose dans le paysage local
Marseille n’a jamais été la terre promise des grands crus. Là où Bordeaux dominait sans partage, ici, la vigne jouait les seconds rôles. Mais le Merlan bouscule les codes. Ce vin de noix bio, fruit d’un mélange entre tradition et convivialité, a conquis sa place. Dans une ville où la concurrence locale reste rare, il s’installe doucement mais sûrement sur les tables. Le Merlan dessine une nouvelle couleur à la palette du terroir marseillais. Pour qui veut goûter un apéritif hors des sentiers battus, le rendez-vous est tout trouvé. Reste à voir jusqu’où Marseille portera ce flambeau inattendu : la prochaine étape, c’est peut-être votre prochain apéro.

